21 mai 2016 ~ 0 Commentaire

Mes chers amis routiers

Mes chers amis routiers,

NOUS sommes responsables en partie, du chômage des manutentionnaires !

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Il y a 25 ans, alors que je débutais dans le métier de Chauffeur-Routier, les anciens me disaient que le métier avait changé et que les chauffeurs n’étaient plus les mêmes.  J’allais vite m’apercevoir que ce n’était pas des paroles en l’air !

Mon premier employeur, les transports Jolivet qui étaient à Saint-Melaine-sur-Aubance dans le 49, en 1994,  m’a obligé à ne pas respecter les règles de conduite, et lorsque les gendarmes mobile, immobilisait mon véhicule pour dépassement des temps de conduite, il envoyait un collègue en voiture me récupérer. Ce même collègue reprenait mon véhicule avec des disques vierges, et j’étais obligé de reprendre un nouveau camion, alors même que j’étais dans l’interdiction de conduire. Afin de ne pas être emmerdé par la justice, il offrait des caisses de bouteille de Ricard aux gendarmes qui étaient censés contrôler tous les disques liés aux véhicules de son entreprise et lui affliger des amendes le cas échéant.

Bien sûr j’ai été viré de cette entreprise lorsque je lui ai fait part de mes griefs, de son manque de sérieux et de mon salaire où il manquait 50 % de mes heures travaillés ! J’ai gagné aux prud’hommes mais il l’a fait savoir à tous les transporteurs de la région….

Ensuite bien plus tard j’ai été embauché chez Norbert Dentressangle à Chalon sur Saône, en 2000 avant l’ « € ». Je gagnais avec mes frais évalués à 915 € par mois à cette époque, environ 2.432 € (acomptes rajoutés) par mois, comme le prouve ce bulletin de paye. Aujourd’hui, pour gagner autant il faut en faire du « tapin »…

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Pour être embauché dans cette entreprise reconnu en France, il m’a fallu faire un stage de trois jours dans les Vosges et ensuite de partir trois jours avec un collègue, en « formation » de conduite, que je n’ai supporté que deux jours… J’ai quand même été embauché ! J’ai même du obligatoirement signé un texte qui m’obligeait a respecter la convention collective du transport et nos règles de conduite. Jusqu’au jour où : Je venais de rouler 10h10, à cause de panne et de contrôle routier et j’avais dépassé de 10 minute mon temps de conduite réglementaire. Pourtant, mon exploitant, donc mon CHEF directe, m’ordonne d’aller livrer le client. J’arrive avec 12h de conduite illégale chez le client de la centrale d’achat AUCHAN pour ne pas le citer dans le sud de la France. Comme je conduisais un camion remorque, il m’est accordé deux quais et je les utilise. Puis, après avoir laissé les papiers je me repose dans la cabine du camion quand un homme surgit et me demande de vider moi-même la marchandise. Ce que je refuse évidement, comme le stipule les engagements que j’ai signé quelques mois auparavant. Je préviens mon affréteur et je fais signer le refus de la livraison au chef de quai, mais je ne bouge pas d’un pouce… Alors mon chef me demande de partir pour me demander, le lendemain d’aller livrer et de vider ???

J’étais syndiqué, mais rien n’avançais à mon goût, alors je me suis mis délégué syndical à la CFDT, lorsque j’ai été muté à Pont-château, en gardant mes droits d’anciennetés. Mais ils m’ont viré au bout de six mois. J’ai malgré tout été repris dans le même groupe au Luxembourg qui m’a viré deux mois après. Oui le pot de fer contre le pot de terre ! Je suis fait ainsi… Aucun syndicat, ni syndiqué n’est venu me secourir ou me soutenir

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J’ai continué dans de nombreuses entreprises que j’ai aimées parfois, mais qui ne me l’ont pas rendue.

Aujourd’hui, si je dis que NOUS SOMMES RESPONSABLES, c’est parce que nous avons cédé à la grande distribution qui aujourd’hui rachète, sous des filiales bancaires indexées d’impôts nos entreprises de transport. Les manutentionnaires n’existent plus et c’est les chauffeurs moutons, qui ne respectent pas la convention collective du transport, dont les syndicats taisent l’escroquerie,  qui font ce travail de ces manutentionnaires qui ne trouvent plus de taf dans la grande distribution !

Oui car aujourd’hui pour toutes les centrales d’achat, le chauffeur affrété doit vider et charger son véhicule. Les pires sont Lidl et Système U qui nous font livrer des dizaines de palettes bancales sans quais avec des hayons hyper dangereux la nuit pour ne pas être vu !

J’ai même vu aujourd’hui, dans la centrale système U de Prahecq (79) à coté de Niort, un transpalette électrique qui transportait des palettes Europe par cinq, tout doucement, ordinateur et laser compris, mais sans manutentionnaire humain… Ça vous parle ou pas ?

Alors oui je dis OUI, nous sommes responsables, nous les chauffeurs de ne pas s’être tous révolté de ce changement et d’avoir tout accepté sans rien dire !

Et ce n’est pas tout, vendredi, j’ai du chargé seul dans mon camion et également vidé seul, sans aucun équipement et aussi dangereux soit-il, tout ce chargement que j’ai photographié, alors qu’un « chef de mes couilles » venait soit me l’amener assis sur son chariot élévateur, soit le chercher pour le déchargement. Le monde va mal ! Mais les actionnaires et le capital vont très bien je vous rassure…

Bon que dire sur les centrale E.LECLERC…? OK, ils font des efforts en façade, mais concrètement, nous vidons nos camions chez leurs grandes distributions et les accidents « cachés » sont nombreux… Mon contrat chez mon dernier employeur, anciennement SOPITRA en est la preuve. J’ai du signé une « fausse » fin de contrat sinon ils me faisaient la misère mots pour mots !

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Bruno Le Floch de Nantes

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